Voyage dans l’ouest américain

Par Sébastien Closs, voyage et photos Septembre-Octobre 2012, carnet de voyage décembre 2012.

Amphitheatre de Bryce Canyon

10 ans après un stage en entreprise de près de 7 mois, je suis de retour dans ma famille d’accueil à l’occasion de « simples » vacances.

Un road-trip dans l’ouest américain de 5600 km en 3 semaines, en boucle depuis San Francisco, pour visiter la plupart des grands parcs nationaux : San Francisco, Mendocino, Yosemite national park, Sequoia national park, Las Vegas, Bryce np, Zion np, Arches np, Monument Valley, Lac Powell, Antelope Canyon, Grand Canyon, Death Valley, Mammoth lakes, Mono lake, lac Tahoe, San Francisco.

Carte du trajet du voyage dans l'ouest américain

Jour 1 – Vol pour San Francisco

Départ à 7h pour la gare de Bâle. Le train suisse est à l’heure : Bâle-Zurich en 1h15.
Nous sortons du train directement dans l’aéroport de Zurich.   Nous déposons les bagages en une demi-heure, et sommes prêts pour passer les contrôles de sécurité. J’apprends que j’ai été « sélectionné » (quelle chance !) pour un « extra security check », en fait des mesures de sécurité complémentaires sur des passagers choisis au hasard. J’ai donc droit à une fouille minutieuse de mon sac à dos : je dois tout sortir et tout ranger. Tout y passe, même mon matériel photo.
Enfin, nous décollons avec notre Airbus A340-242 de Swiss.  Ce vol est surnommé le vol « Google », car il aurait été mis en place sous la pression de Google, qui voulait une liaison directe entre ses locaux européens de Zurich et sa maison mère californienne de San Francisco.
En 12h de vol, nous passons au-dessus de l’Allemagne, l’Angleterre, l’Ecosse, l’Islande, le Groenland, le Canada, et enfin Seattle, Sacramento, puis San Francisco.
Après  l’atterrissage un peu turbulent à cause d’un vent de travers, puis la récupération rapide des bagages ainsi que le change de quelques euros en dollars, nous voilà dehors. Nous nous faisons littéralement harponner pour prendre des navettes-minibus privées pour rejoindre le centre ville. Vu le prix, nous y allons volontiers (15$ par personne).

40 min après, nous sommes devant notre hôtel, qui se trouve à 10-15 min à pied de Fisherman’s Wharf; où nous nous rendons pour un premier contact « touristique » de la ville.

Jour 2 – San Francisco

A l’assaut de la ville. Après un petit déjeuner improvisé à l’hôtel (muffin+cake), nous rejoignons à nouveau Fisherman’s wharf et prenons des tickets pour le Sightseeing Bus. C’est parti pour la visite commentée de la ville, sur le 2ème étage ouvert du bus,  et découvrons qu’il ne fait pas chaud le matin à San Francisco. Le bus nous balade un peu partout : les quais de Fisherman’s wharf et l’Embarcadero, le quartier financier et ses gratte-ciels, la grande porte de Chinatown, le quartier italien, le quartier de Haight Ashbury (anciennement hippie), le parc du Golden Gate Park, la traversée du pont du Golden Gate, et le retour le long de la marina. Un bon aperçu et une bonne reconnaissance de la ville pour approfondir ensuite.

Le midi, nous visitons le coin sympathique de « The cannery », ancienne conserverie admirablement réhabilitée avec quelques restaurants et petites boutiques, et y mangeons mexicain (un vrai).
L’après-midi, nous repassons par Fisherman’s Wharf pour découvrir la colonie d’otaries (permanente) du Pier 39, les quelques boutiques, et embarquons pour notre croisière dans la baie. En 1h, nous passons sous le Golden Gate et revenons en passant au large de l’île prison d’Alcatraz.

On reviens ensuite vers station de départ des Cable cars (en bas de Hyde street le long de la baie), mais ils sont en panne. On reprend vite le Sightseeing Bus (nous pouvons monter et descendre à n’importe quel arrêt), pour aller à Union Square – quartier commerçant dans le Financial District, d’où nous rejoignons Chinatown.  C’est un petit quartier dépaysant, avec des statues de dragons, des tuiles vert laqué, un petit parc, et des lampions accrochés à travers les rues.

Nous décidons de rejoindre l’hôtel à pied (quartier Pacific Heights), ce n’est pas à côté mais ça nous fait traverser le quartier italien et surtout la fameuse rue de Lombard Street, tellement pentue que la route fait des lacets comme en montagne.

Jour 3 – San Francisco

Aujourd’hui, nous allons plein Sud. Nous descendons à pied la longue Van Ness Avenue jusqu’au Civic Center.  De là, direction l’ouest, pour se balader tranquillement à travers le quartier de Haight Ashbury (Hayes street, parc de Panhandle…), voyons les belles maisons victoriennes autours de Alamo Square, avec en fond, les gratte-ciels du quartier financier.

Nous entrons ensuite dans le Golden Gate Park : très grand parc rectangulaire, avec serres botaniques, jardin japonais, petit parc animalier, terrains de sports, lacs, chemins et pistes cyclables. Nous croisons beaucoup de cyclistes et de joggers.

Le jardin japonais est un véritable havre de paix : bassin, petits chemins Feng-shui, pagode en bois, arbres très joliment taillés, bosquets de bambous, petits bancs en pierre, cascades, et salle de dégustation de thé et de quelques en-cas japonais (pâtisserie, soupes, et autres plats accompagnés ou à base de thé – très bons)..
Nous partons ensuite faire le tour du petit lac de Stow lake, et faisons connaissance avec les écureuils et les oiseaux locaux, pas farouches.

Nous visitons ensuite les serres de Conservatory of Flowers, serres tropicales avec bassin à nénuphars, salle aux orchidées, et autres plantes tropicales. Une véritable forêt vierge. Dans une autre salle, il y a une exposition temporaire sur les plantes préhistoriques, déjà présentes lors de l’époque des dinosaures : araucaria, prêle, ginkgo et autres graminées..

Nous reprenons le Sightseeing bus pour rejoindre le point de vue sur le pont du Golden Gate. De là, nous rentrons à pied le long de la baie jusqu’au Palace of Fine arts (palais des beaux arts), la Marina, puis Fisherman’s wharf.

Jour 4 – De San Francisco à Sebastopol

Nous quittons l’hôtel de bonne heure pour traverser la ville en taxi et rejoindre notre location de voiture. Nous recevons notre voiture de taille moyenne (« mid-size »), qui est en fait la 2ème plus petite, et qui s’avère être une Toyota Camry. Imaginez une voiture de la catégorie berline familiale (genre 307 sw, Passat..), plus longue qu’une Prius, avec un coffre énorme et 160 ch.  Nous constaterons par la suite que son réservoir d’essence est au niveau de sa consommation : presque 100 litres pour une consommation de presque 10 litres/100 km. Heureusement que l’essence n’est pas chère (3,7 à 5 $ / gallon, c’est à dire à peu près 80 c à 1 € le litre).

Nous quittons San Francisco en passant par le Golden Gate pour partir vers le Nord. Après s’être arrêtés rapidement au point de vue sur le pont, nous voulions monter sur les collines de Marin Headlands  pour un beau point de vue sur la ville et visiter le phare de Point Bonita, spectaculaire. Malheureusement la route est fermée par la police : la navette spatiale américaine fait une démonstration pour son dernier vol, arrimée sur son Boeing 747 de la Nasa.

Nous décidons de passer alors plus de temps à Sausalito, petite ville au nord de la baie de San Francisco, anciennement hippie, aujourd’hui bobo et huppée :  visite du port de plaisance, de ses quelques dernières maisons flottantes, et des rues commerçantes du centre ville. Nous découvrons un petit resto mexicain sympathique, bien décoré et accueillant.

Nous mettons le cap sur la côte pacifique, et traversons la forêt de Muir Woods : premier contact avec les séquoias géants californiens. Muir Woods, est un state park, un petit parc d’état, protégé, du nom de John Muir, qui était un fervent défenseur de l’environnement et qui a contribué à faire protéger les forêts californiennes de Séquoia. C’est grâce à lui et à son impulsion que le gouvernement américain a fondé le premier parc national, le Yosemite, en 1890.

Les Séquoias de Muir Woods sont grands et impressionnants, mais ce n’est rien comparé à ceux que nous verrons plus tard dans le Yosemite National Park,  puis surtout dans le Séquoia National Park.

Nous prenons le National Park Pass : pour 80$, nous avons droit à une entrée illimitée dans tous les parcs nationaux américains (+ de 500), pour une voiture et tous ses occupants. C’est très vite rentable quand on sait que l’entrée d’un parc est de 15 à 35 $.
Nous arrivons ensuite sur la côte pacifique : collines escarpées qui plongent dans l’océan, route sinueuse alternant entre petites criques cachant des plages, des falaises et rochers.
Nous longeons donc la côte sur la Highway 1, pour bifurquer ensuite vers la pointe Reyes. La pointe Reyes est une curiosité géologique : c’est un bout de côte qui est de l’autre côté de la faille de San Andreas, cette péninsule s’éloigne donc de la Californie. Elle glisse vers le nord-ouest de quelques cm par an.  Après 30 km de route à travers une campagne herbue très ventée, nous sommes au bout de la pointe. Nous visitons rapidement le phare de la pointe Reyes, accessible par un escalier de plus de 300 marches.

Maintenant, 30 km retour pour retrouver la « vraie » côte californienne, puis nous la quittons pour faire un petit bout de chemin vers l’intérieur des terres, vers Sebastopol, petite ville tranquille où nos amis nous attendent (voir aussi les photos de mon séjour aux USA en 2004). La campagne environnante est constituée de petites forêts, collines à l’herbe jaune desséchée, et vergers.

Jour 5 – Côte californienne jusqu’à Mendocino

Une longue et difficile route nous attend aujourd’hui. Nous repartons vers la côte pour visiter Bodega Bay. C’est ici qu’Alfred Hitchcock a tourné son film « les oiseaux ». Loin d’une ville à suspens, Bodega Bay est une mini station balnéaire agréable : petit port de pêcheurs, petit port de plaisance, quelques restaurants, et surtout, la pointe de Bodega Head. Nous descendons à la plage et faisons quelques belles photos de rochers et de vagues.

La Highway 1 passe ensuite au-dessus de la Russian River. Son embouchure est l’un des lieux favoris des animaux marins : sur la plages, des phoques et des otaries se prélassent au soleil.
Ensuite, le Fort Ross vaut la visite : c’est un vieux fort qui était habité par une petite garnison de trappeurs russes. La visite guidée ainsi que la démonstration de tir au canon sont très instructives.

Nous reprenons la route pour rejoindre le phare de Point Arena.  Ressemblant au phare de la pointe Reyes, ce phare se situe au bout d’un plateau entouré de falaises. Nous arrivons juste au moment où un beau rayon de soleil surgit au milieu de la grisaille.
Nous continuons encore la sur Highway 1 jusqu’a Mendocino, petite ville balnéaire aux bâtiments de style victorien, située elle aussi sur un plateau aux falaises tombant dans l’océan. C’est une destination « week-end » prisée des Californiens. Nous y arrivons quand le soleil diminue en fin de journée.

Le retour à Sebastopol (au plus court sans longer la côte) nous fait traverser une belle forêt de séquoias, mais sombre et oppressante dans la pénombre de fin de journée (et sans réseau téléphonique en cas de pépin).

Jour 6 – Parc national du Yosemite

Nous partons tôt pour arriver dans le parc national du Yosemite en début d’après-midi.  Le Yosemite est beau et majestueux : une vallée boisée parsemée de prairies, bordée par de hautes montagnes. Nous faisons le tour de la vallée en voiture en s’arrêtant aux nombreux arrêts-points de vues, avant de nous garer au parking principal pour faire une petite randonnée.

Nous voyons la cascade de Bridalveil Fall, quasiment à sec avec à peine un petit filet d’eau, la lower Yosemite Fall (normalement une très grande cascade en trois étages), cette fois-ci réellement à sec, et traversons la rivière Merced au lieu dit du « Swinging bridge ».
En repartant en voiture, vers le Sud, nous passons au fameux point de vue « Tunnel View », d’où nous avons un panorama entier sur la vallée.

Une heure plus tard, nous arrivons à notre hôtel, le Sierra Sky ranch, qui est un vrai ranch historique de la Sierra Nevada. Ce ranch présente vraiment du caractère.

Jour 7 – Parc national du Yosemite & Mariposa Grove

Nous revenons à nouveau dans le Yosemite, pour y passer cette fois-ci toute la journée. Nous passons la matinée dans la Mariposa Grove, forêt de séquoias géants.  La petite randonnée passe devant plusieurs arbres remarquables : le Grizzli Giant (10 m de diamètre, 63 m de haut, 2700 ans), le Fallen Monarch (arbre tombé à terre et toujours là depuis plus de 200 ans), le Tunnel Tree (arbre dont on traverse le tronc), et le Faithful Couple (couple de séquoias dont les troncs se sont joints à leur base).

L’après-midi, nous faisons une randonnée vers le lac de Mirror lake, au fond de la vallée du Yosemite. Le Mirror lake est introuvable en été et en automne, et pour cause : il est toujours à sec sauf à la fonte des neiges. Néanmoins, l’endroit est très beau.

Le soir, on nous conseille le « Sweetwater Steak house » de Oakhurst à 10 min de voiture; bien qu’ordinaire de l’extérieur, le repas est copieux et surtout le steak maison (« Sweetwater signature ») est fameux !

Jour 8 – Parc national des Séquoias et Kings Canyon

Nous arrivons dans le parc en fin de matinée, et visitons la forêt de Grant Grove. Nous découvrons des séquoias de plus en plus grands, dont le General Grant : c’est le deuxième arbre le plus massif au monde : 12 m de diamètre, 82  m de haut, 3 000 ans, et 1320 m3 de bois.
Ensuite, le Panoramic Point (15 min de voiture) est le seul point de vue sur les montagnes du parc de Kings Canyon de et la Sierra Nevada. Nous « oublions » de visiter tout le parc de Kings Canyon, c’est dommage mais la seule route (en cul-de-sac) fait 50 km et prend 2h pour un aller.

Nous continuons donc vers le parc national des Séquoias pour visiter la Giant Forest : forêt de séquoias géants parmi les plus vieux du monde. Le General Sherman est l’être vivant le plus volumineux de la planète : 91 mètres de haut (trente étages), 11 m de diamètre et 31 m de circonférence. La première branche commence à 40 m de hauteur et la plus grosse fait 2 m de diamètre. En 1978, une branche est tombée : elle mesurait 42 m de long et 1,80 de diamètre. Le volume du tronc est estimé à 1480 m3 et son poids à 1256 tonnes. Chaque année, le Général Sherman pousse l’équivalent du volume de bois d’un arbre normal de 18 m. Il aurait 2700 ans.
Une petite route fait ensuite passer sous un séquoia, puis mène à la petite prairie de Crescent Meadow. Attention, c’est une zone « active » d’ours noirs de Californie. Les ours, loups et coyotes sont présents dans toute la Sierra Nevada, du parc du Yosemite au parc des Séquoias.
En quittant le parc, nous découvrons les travaux publics américains : la route en travaux est coupée pendant 50 min ! Ensuite, on doit suivre une voiture pilote qui zigzague à 20 km/h entre les travaux.

Nous arrivons épuisés à notre hôtel de Bakersfield, après plus de 3h de route, de nuit.

Jour 9 – Ville fantôme de Calico et Las Vegas

Sur l’autoroute, nous traversons le désert de Mohave, puis un paysage aride : du sable, des montagnes sans aucune végétation, et de la route toute droite à perte de vue jusqu’au bout de l’horizon… et rien du tout : presque pas de ville, d’habitations…
Heureusement, la pause du jour est la ville fantôme de Calico, pas tout à fait à mi-chemin.  Il faut s’imaginer le Far-West : entourée de montagnes, une série de baraques en bois alignées le long d’une grande rue principale, avec des annexes à gauche à droite pour aller vers les mines.

Bon, aujourd’hui, c’est très touristique et ce sont les petits commerçants qui se sont installés dans ces baraques « fantômes-restaurées ». Par exemple le saloon est devenu un restaurant, et il y a toute une palette de petite échoppes : snack-bar à hot dog, vente de photos, souvenirs, pierres de collection et fossile, circuit touristique en train pour aller voir les anciennes mines…. Mais ça ne gêne pas, on peut s’imaginer l’époque et se prendre au jeu.  C’est animé et quand même pittoresque.

Le soir, nous arrivons à Las Vegas !  Toujours dans la démesure, la folie de la construction, les hôtels de plus en plus immenses, et de nouveaux hôtels-casinos luxueux qui en imposent. Le Aria, le Cosmopolitan, le Palazzio, etc., n’y étaient pas la dernière fois (en 2004). Il y a du bruit et des lumières partout, un monde fou partout et sur les trottoirs, et des animations de tous les côtés.
Notre arrivée est mouvementée : trouver notre hôtel-casino, trouver le bon parking, trouver l’accueil de l’hôtel (et non la partie casino), trouver l’ascenseur (ça, ça va, il y en a quelques dizaines), trouver la chambre dans les km de couloir, pour ensuite trouver un des restaurants de l’hôtel.  Nous visitons ensuite une grande partie du « Strip », en fait le « Las Vegas boulevard », avenue où sont concentrés tous les grands hôtels-casinos.

L’avenue est très longue, il fait chaud (32° le soir) et très sec, nous rentrons bien fatigués à l’hôtel, mais nous jouons quand même un petit peu aux machines à sous avant de monter dans notre chambre.

Jour 10 – Parc national de Zion

Après une matinée de trajet et 1h de décalage horaire, nous arrivons dans l’Utah et le parc national du Zion en début d’après-midi. Nous laissons la voiture au parking principal pour prendre les bus « shuttle » gratuits pour rejoindre le Zion lodge.  Le seul hôtel du parc est aussi le départ de la randonnée « Emerald Pool Trail ».
Le sentier traverse la rivière Virgin River et la vallée, et rejoint un canyon latéral et les cascades de Emerald Pool.  En automne, celles-ci sont presque à sec. Nous rallongeons la randonnée par le sentier Watchman Trail qui longe la vallée et rejoint l’arrêt de bus « Grotto ».

Sur le chemin retour, nous faisons une petite pause point de vue sur les sommets de « courts of patriarch », puis revenons au parking pour reprendre la voiture.
La route qui traverse le Zion est spectaculaire: les lacets montent un des versants de la montagne, offre de superbes points de vue, passe dans un tunnel, puis traverse un paysage tourmenté avec des rochers striés de toutes formes imaginables.
Puis nous arrivons dans un vrai paysage de campagne : des pâturages, des montagnes au loin, et du plat.  C’est à travers ce paysage que nous arrivons dans la (très) petite ville de Hatch, qui est notre point de chute pour ensuite visiter Bryce Canyon.

Le soir, nous avons droit à un beau coucher de soleil sur Bryce Canyon que nous voyons au loin, surmonté d’un nuage d’orage très menaçant qui finira par venir jusqu’à Hatch.

Jour 11 – Parc national de Bryce Canyon

La journée démarre par un grattage de voiture givrée. Il est vrai que nous sommes en altitude (2109 m) et que les premières gelées arrivent en octobre. Nous allons prendre le petit déjeuner au café « Galaxy dinner; et découvrons un petit café au propriétaire très sympathique et une déco des années 50. Imaginez : carrelage en dalles blanches et noires, jukebox au fond, banquettes en cuir rouge, et affiches et photos de films accrochées sur tous les murs. Nous avons l’impression d’être dans Retour vers le Futur.

Nous partons ensuite pour le parc national de Bryce Canyon, à une petite heure de Hatch, et démarrons la randonnée sous un grand beau soleil, mais il fait frais.
A partir de Sunrise Point, nous descendons le long du sentier « Queen’s Garden trail ».  Le sentier longe des falaises, traverse des aiguilles rocheuses, passe des mini-tunnels. C’est grandiose et majestueux.  Arrivés au fond de l’amphithéâtre de Bryce Canyon, nous continuons vers la « Jonction Navajo Loop Trail » (possibilité de remonter vers Sunset Point), puis bifurquons pour le sentier de « Peeka Boo Loop trail ».

Des nuages gris arrivent, pas très encourageants. Nous accélérons un petit peu le pas tout en remontant vers Bryce Canyon Point, et finissons notre traversée de Bryce Canyon sous la bruine.   Nous écourtons le retour prévu – revenir en longeant le bord du canyon (rim trail) en passant par les points de vue – et revenons en prenant la navette gratuite jusqu’au parking.  Nous avons quand même fait à peu près 10 km de randonnée et 400 m de dénivelé.
Nous attendons que la pluie passe en mangeant notre pique-nique dans la voiture, puis retournons en voiture voir les différents points de vue : Bryce Point, Inspiration point, Sunset Point, sous le soleil tout juste revenu.

Le parc national de Bryce Canyon est vraiment unique : il ne ressemble à aucun autre parc ou désert, c’est vraiment un canyon au milieu d’une campagne verdoyante.  En un mot : grandiose.

Jour 12 – Parc national des Arches

Nous partons tôt pour la longue route qui nous attend. 430 km de désert, rochers, et canyons plus tard, nous arrivons près de Moab, à l’entrée du parc national des Arches.
Nous faisons un arrêt aux différents points de vue : Balanced rock, La Sal Mountain Viewpoint, Courthouse Tower Viewpoint, Petrified Dunes Viewpoint, et faisons une petite randonnée à Double Arch (0.8 km), Window Arch (1.6 km) et Turret Arch.
Après le point de vue sur Delicate Arch, vient le cœur du parc : la région de Devil’s Garden, et y visitons la Landscape Arch (2.6 km).

C’est ici qu’ont été filmées certaines scènes d’Indiana Jones (notamment la dernière croisade).
Puis nous allons au pied de la Delicate Arch, symbole de l’état de l’Utah. Cette dernière se mérite : 4,8 km de montée, sur du rocher en plein soleil. L’arrivée est spectaculaire: le sentier longe la falaise à mi-hauteur, et la vue donne sur un panorama de rocher, falaises, canyons et désert. Puis, au dernier virage, l’arche de Delicate Arch se dévoile.

Jour 13 – Monument Valley – Page

A nouveau, nous avons une matinée entière de route pour rejoindre la Monument Valley.
Monument Valley, située dans la réserve indienne navajo, est l’endroit favori de tournage des Westerns. C’est Henri Ford et son film « la chevauchée fantastique », ou encore « la prisonnière du désert » qui a rendu Monument Valley célèbre.
Ici, le touriste a le choix : faire un bout de piste en voiture (sable et rocher, déconseillé si l’on n’est pas bien équipé), faire un tour guidé par un indien navajo dans le « coffre » d’un 4×4 pickup décapotable et aménagé (déconseillé pour faire des photos – à moins de vouloir faire des photos de nuages de poussière et de sable), ou, dernière solution que nous choisissons, faire la seule randonnée possible : le Wildcat Trail.
La randonnée du Wildcat Trail fait le tour de la Mitten Butte, en à peu près 1h à 1h30 de marche dans le sable en plein soleil.

Nous reprenons ensuite la route pour arriver près de Page, et faire un crochet pour admirer Horseshoe Bend au coucher du soleil. Horseshoe Bend est un « virage » en forme de fer à cheval dans le canyon du fleuve Colorado.

Il faut savoir qu’à partir du lac Powell, près de Page, le Colorado commence à creuser la roche pour former un canyon. Ce canyon va s’agrandir au fur et mesure – lac Powell, Horseshoe Bend, Lees Ferry – jusqu’à devenir le Grand Canyon quelque 70 kilomètres plus loin.

Jour 14 – Antelope Canyon – Lac Powell

Antelope Canyon est un « slot canyon », c’est à dire un canyon haut et très étroit formé par les « flash flood », les crues soudaines et rapides lors d’un orage. La visite ne peut se faire qu’accompagnée par un guide navajo. Nous choisissons de prendre un « photo tour » de 2h, qui permet de rester plus longtemps, d’emmener un trépied photo, et de rester dans le canyon entre 2 groupes de visites, pour essayer de faire des photos sans personne dessus.

Il faut visiter Antelope Canyon vers midi : en effet, la lumière est verticale, descend jusqu’au fond du canyon et fait apparaître de superbes couleurs orangées. C’est beau, mais il y a beaucoup de monde qui se bouscule dans l’étroitesse du canyon, malgré les instructions des guides.

L’après-midi, nous allons plus tranquillement faire une petite croisière sur le lac Powell.

Ce lac artificiel (par le barrage Hoover), a rempli le canyon de Glen Canyon. De ce fait, ce n’est pas un grand lac d’une forme arrondie, mais il est constitué d’une multitude de bras et de petits canyons latéraux inondés. Notre croisière visite le bras d’Antelope Canyon.

Jour 15 – Grand Canyon – Las Vegas

Aujourd’hui, c’est une grande journée. Nous partons tôt pour arriver au Grand Canyon – rive nord – à  10h30 (3h de route).  Nous avons choisi d’aller visiter la rive nord du Grand Canyon plutôt que la rive Sud, pour des raisons de distances Page-Las Vegas, et car je connais déjà la rive sud que j’avais visité en 2004. La rive Sud est très touristique et désertique. La rive nord est l’exacte opposée : plus haute en altitude, plus reculée et difficile d’accès, boisée et beaucoup moins touristique. Depuis Page, la longue route traverse le plateau et la forêt de Kaibab, superbe avec les couleurs d’automne. C’est un mélange de jaune orange (bouleaux) et vert foncé (pins et sapins). Avec le soleil du matin, nous avons l’impression que les arbres étincellent.
Une fois arrivés à la rive Nord du Grand Canyon, à 2600 m d’altitude, nous marchons un petit peu pour voir le Bright Angel Point : nous sommes alors sur une pointe s’avançant dans le canyon. C’est très impressionnant, mais nous ne réalisons pas vraiment qu’il y a plus de 2000 m de falaise jusqu’au point le plus bas.  Nous revenons par un bout du sentier du Transept Trail.

Au Grand Canyon, les possibilités de randonnées sont assez limitées : soit on fait le trek de plusieurs jours qui descend et traverse le canyon du nord au sud, soit on se limite à quelques sentiers qui longent les rives, mais qui proposent tous des points de vue assez similaires.
Nous ne nous attardons pas trop, car la route est encore longue jusqu’à Las Vegas, où nous arrivons en début de soirée après 5h de route.

A Las Vegas, nous nous baladons à nouveau sur le boulevard (Las Vegas strip), en profitant de la fréquentation moins importante qu’à notre précédent passage d’il y a quelques jours.

Jour 16 – Death valley (vallée de la mort)

Après Las Vegas, direction la vallée de la mort. Quelques heures de route à travers le désert, et nous arrivons vers le premier point de vue, Dante’s View. Oui, c’est un point de vue presque dantesque : une montée en lacets très raide pour arriver sur un petit sommet d’où nous voyons une plaine blanche (de sel) entourée de sommets rocheux et de montagnes arides. Il fait très chaud, malgré le fait que nous soyons déjà en octobre.
Nous redescendons et continuons vers Zabriskie Point, formation rocheuse jaune bien connue.  Les 10 min de marche pour l’aller-retour à ce point de vue donnent l’impression d’être littéralement dans un four à chaleur tournante : très chaud, et avec en plus, un vent très chaud et très sec.
Nous arrivons ensuite au Ranch de Furnace Creek pour une pause rafraîchissante.

La vallée de la mort est un désert unique, en quelque chiffres : le point le plus bas d’Amérique du nord (-86 m), 48 mm de pluie par an, record mondial absolu de température avec 56,7 °C à l’ombre, et 189 jours par an où la température dépasse les 32°C. C’est aussi le parc national américain le plus étendu.
A Furnace Creek, nous vérifions la température : 42 °C le 3 octobre !!   Bien que la vallée de la mort soit connue pour être un endroit très chaud, il fait quand même  inhabituellement chaud pour la saison.

Vu l’heure, la fatigue et la chaleur, et voyant la route restante, nous décidons d’abréger un petit peu cette étape. Nous passons devant les Mesquite Sand Dunes et continuons la petite route de montagne pendant encore plus de 2h pour arriver dans la petite ville de Independence.

Jour 17 – Région de Mammoth – Lac Tahoe

Après le désert et la chaleur de la vallée de la mort et des autres parcs visités les jours derniers, nous retrouvons avec plaisir les paysages de la Sierra Nevada de Californie, plus verts.
Nous faisons quelques crochets pour prendre la route touristique. Le lac Convict, niché dans un fond de vallée, est très beau, pur et transparent, entouré de sommets. Avec la lumière du matin, c’est très cristallin. Ensuite, nous suivons la route « Lake loop », qui passe par Gull lake, qui est un grand lac, le June lake, qui y est accolé, et le Silver lake.

Puis nous arrivons à Lee Vining pour le repas. Lee Vining est un peu la « capitale » du coin, en effet, depuis Lee Vining, il est possible de repartir vers l’ouest pour traverser la Sierra Nevada et rejoindre le parc national du Yosemite. C’est un des rares endroits où la Sierra Nevada peut être traversée d’Est en Ouest.
Mais Lee Vining est aussi toute proche du lac Mono : d’origine volcanique, le lac Mono est un lac salé très particulier, connu pour ses formations rocheuses le long de son rivage.  Il est presque 2x plus salé que les océans : 78 gr / litre.

2h de route plus tard, nous arrivons au lac Tahoe, station de ski très prisée des Californiens. Comme nous arrivons le soir, nous allons directement à Inspiration Point, point de vue sur la baie d’Emerald Bay. Emerald Bay est une petite crique avec une île au milieu.

Et nous revenons à Baldwin Beach pour assister au coucher de soleil sur le lac.

Jour 18 – Lac Tahoe – Sebastopol

Avant de quitter le lac Tahoe, nous allons à Sand Harbor : un des plus beaux endroits du lac. Imaginez une plage de sable, des rochers arrondis, de l’eau bleue turquoise transparente, et tout autour de la forêt et des montagnes. C’est un incontournable du lac Tahoe.

Mais la fin des vacances approche : nous faisons route vers l’ouest, en passant par Sacramento, Napa, Sonoma, Santa Rosa, pour rejoindre nos amis à Sebastopol qui nous ont préparé une petite soirée (une Party) avec quelques autres amis de la région de San Francisco.

Jours 19 et 20 – Sebastopol – San Francisco – Zürich

Le matin, nous faisons un petit tour à pied dans l’agréable petite ville de Sebastopol, pour y prendre un petit déjeuner entre amis.

Puis c’est l’heure de se dire au revoir pour retourner à San Francisco, rendre la voiture de location, et prendre le vol retour qui se déroulera sans encombre.

Voir plus :
Galerie photo de notre voyage aux USA