Randonnée en Vanoise

Par Sébastien Closs, voyage et photos Juillet-Août 2013, carnet de voyage Août 2013.

Col-du-Mône

Nous découvrons la station de Pralognan à l’occasion de ce séjour sportif (randonnée) dans le parc national de la Vanoise dans les Alpes.
Nous traversons beaucoup de paysages alpins différents : grands alpages dans la vallée de Chavière, falaises et pierriers au sommet du petit mont-blanc, lacs, rochers et glaciers vers Peclet-Polset, ou encore paysage de haute montagne au col de la Vanoise avec passage de névés (plaques de neige); sans oublier bien sûr d’observer les marmottes et les chamois.

Jour 1 – Trajet et arrivée

Après une grosse demi-journée de route et un petit tâtonnement pour trouver l’hébergement, nous voila arrivés et prêts à randonner en montagne. Le soir, nous faisons une petite promenade pour visiter le village-station de Pralognan, voir la rivière, et se balader dans le vieux quartier du Barioz.

Après une grosse demi-journée de route et un petit tâtonnement pour trouver l’hébergement, nous voila arrivé et prêt à randonner en montagne. Le soir, nous faisons une petite promenade pour visiter le village-station de Pralognan, voir la rivière, et se balader dans le vieux quartier du Barioz.

 

Jour 2 – Refuge des Barmettes

Le refuge des barmettes est situé à 2010 m d’altitude. Nous démarrons la randonnée depuis Pralognan. Nous traversons le vieux quartier du Barioz, puis traversons presque immédiatement le pittoresque petit hameaux des « Bieux ». Une montée en forêt nous amène vers le sympathique hameaux des « Fontanettes », à 1640 m d’altitude. Le hameau des Fontanettes se situe à la fin de la route venant de la station, et est un point de départ de nombreuses randonnées et treks.

Nous enchaînons pour une montée plus raide au milieux de très nombreuses fleurs, puis dans la forêt, jusqu’à arriver au Mont-Bochor à 2013 m d’altitude. Le mont Bochor est aussi accessible en 6 minutes par le téléphérique depuis Pralognan. Le point de vue sur la vallée et les Alpes est splendide, le promontoire est ensoleillé et aménagé avec table et bancs pour piquenique. De là, un sentier « découverte » fait le tour du sommet avec des panneaux explicatifs sur la montagne et l’histoire de la vallée.

 

Nous descendons par le sentier des Cascades de la Glière, petit sentier un peu caché, qui passe au plus près des cascades : très impressionnant. Plus bas, nous retrouvons les Fontanettes, puis reprenons la descente classique vers Pralognan, mais en bifurquant à nouveau pour passer par la Cascade de la Fraîche. Le sentier traverse le torrent via une passerelle en amont de la cascade, puis descend dans la forêt pour repasser cette fois en bas de la cascade. Etant assez proche de Pralognan, cette haute cascade est un lieu de détente pour les familles, et comporte un parcours de via-ferrata que le bureau des guides fait découvrir.

 

Jour 3 – Lac de Chalet-Clou

Aujourd’hui nous décidons d’aller randonner du côté de la vallée pastorale de Chavière : entièrement préservée, cette longue vallée de 13 km est restée vierge de toute construction moderne. On y trouve le hameau des Prioux, les anciennes bergeries de Montaimont, le chalet d’alpage de Ritort, et en fond de vallée, le refuge de Peclet Polset.

Nous devons prendre la voiture pour rejoindre le hameau des Prioux, qui est le départ de notre rando, à 1700 m d’altitude.

La randonnée vers le lac de Chalet-Clou démarre par une montée raide vers le cirque des Nants, qui est à 2184 m d’altitude. Le cirque des nants est entouré de grands sommets et d’un glacier (la barre des nants). Nous devinons facilement l’épaisseur du glacier. Le mot « Nants » signifie « ruisseaux » en patois local : effectivement, en longeant le cirque des Nants, nous devons traverser de nombreux petits ruisseaux provenant du glacier et des névés.

Le sentier se poursuit en balcon, longeant le versant au milieu de rhododendron en fleurs. Quelques marmottes saluent notre passage.

 
Nous arrivons au lac de Chalet Clou, au même moment où des nuages sombres arrivent dans la vallée de Chavière. Les hauts sommets et les crêtes entourant la vallée commencent à accrocher des nuages bien gris. Nous décidons de ne pas nous attarder trop longtemps et commençons la descente.

Ce circuit redescend du lac de chalet-clou vers les chalets de Montaimont, pour ensuite longer la rivière à travers alpages et fleurs vers le hameau pittoresque des Prioux.

Jour 4 – Montaimont

Au départ du hameau des Prioux, notre rando longe la rivière pour rejoindre « Le Pont de la Pêche ». La rivière, récemment aménagée, est splendide au petit matin : petits rapides et rochers au milieu d’une prairie remplie de fleurs.

Nous montons le chemin pastoral vers les bâtiments de « Montaimont », pour ensuite passer les belles gorges de la rivière du « Doron de Chavière ». C’est un petit canyon qui ne se dévoile qu’au dernier moment, au beau milieu de la grande vallée de Chavière.

 
Arrivés au refuge du « Roc de la Pêche », très bien situé, nous admirons la grande vallée ouverte, fleurie, pastorale et les alpages sur les versants. Nous en profitons pour faire une petite séance de photos « macro » pour essayer de reconnaître les très nombreuses espèces de fleurs. Au loin, le dôme du sommet du Mont-blanc se dévoile également.

 
Nous nous enfonçons dans la vallée vers l’alpage de Ritort. Là, la pause piquenique nous permet d’observer quelques marmottes puis un grand rapace, le Circaète Jean-le-Blanc, qui peut faire jusqu’à 2 m d’envergure.

Nous redescendons ensuite tranquillement en repassant par le refuge du Roc de la Pêche.

Jour 5 – Hameau de La Croix et hameau de Chollière

Afin d’éviter les gros risques d’orage de l’après-midi, et par un temps bien couvert, nous faisons deux petits randonnées dans la vallée de Pralognan. Par ce temps, il est inutile de monter à 2000 m d’altitude ou plus.

De la station de Pralognan, la route forestière nous amène au hameau de « La Croix », vieux petit hameau historique. Nous revenons ensuite à Pralognan pour changer de versant, et passons dans la forêt de l’Isertan pour remonter le long de la rivière, celle provenant de la Vallée de Chavière. Enfin, nous arrivons au hameau de Chollière, avant de revenir à Pralognan, sous un temps toujours très nuageux.

 

Jour 6 – Col de la Vanoise

Ce jeudi, le beau temps devrait être de retour. Nous prenons le téléphérique pour démarrer la randonnée emblématique de Pralognan, et une des plus connues de tout le parc national de la Vanoise : la rando du col de la Vanoise.

Le départ de notre variante de cette randonnée se fait au mont-Bochor. Mais la randonnée du Col de la Vanoise peut aussi se faire depuis Pralognan (avec 300 m de dénivelé de montée dans la forêt), ou depuis le hameaux des Fontanettes, accessible en voiture.

Du Mont-Bochor, nous prenons le beau sentier en balcon qui rejoint le refuge des Barmettes en longeant le très beau versant du plateau du Bochor, à travers pierriers, fleurs, et paysages spectaculaires.

Une fois au refuge des Barmettes, la suite de la montée se fait à travers les prairies, accompagnée de marmottes. Nous arrivons au lac des Vaches. Ce lac est emblématique de la Vanoise, en effet le sentier ne le longe pas, mais le traverse en son milieu, via des rochers-dalles posés dans l’eau.

 
A partir d’ici, le paysage change radicalement pour s’approcher d’un paysage de haute-montagne. Nous sommes juste sous la pointe de la Grande Casse et de son glacier, l’herbe à quasiment disparue pour ne laisser que des pierres et des rochers, de grandes plaques de neiges sont encore présentes à de nombreux endroits à l’ombre. Et il ne fait pas chaud !

Après avoir admiré ce paysage, nous montons encore par le très bon sentier pour arriver vers la crête : un autre paysage encore plus spectaculaire se dévoile : sur notre gauche, le « lac long », encore enneigée en partie, sert de miroir bleuté au glacier de La Grande Casse. Devant nous, le petit plateau herbeux du col de la Vanoise accueille de nombreux randonneurs pour le picnic. Au loin, tous les glaciers de la vanoise se mélangent pour former un grand horizon blanc entrecoupé ça et là de pointes rocheuses. Sur notre droite, en contournant l’aiguille de la Vanoise, commence la descente vers le replat asséché du Lac des Assiettes, et en bas la vallée de Pralognan.

 
C’est ici que nous faisons notre pause de midi, et j’en profite pour prendre à nouveau quelques photos rapprochées de fleurs.

Au retour, en repassant au refuge du Col de la Vanoise et son plateau, nous sommes intrigués par quelques petits cris d’animaux. C’est une marmotte et son petit marmotton qui sortent du terrier pour jouer dans l’herbe, à trois mètres devant nous ! Nous apprendrons par la suite que les marmottes vivantes près des refuges se sont habituées à l’Homme.

Nous redescendons à Pralognan par le même chemin qu’à la montée.

Jour 7 – Randonnée guidée « flore »

Nous partons randonner aujourd’hui avec un guide, en petit groupe. C’est une sortie spéciale Flore à la demi-journée, qui a lieu au pied du Petit Mont-Blanc, entre le hameau des Prioux et le refuge du Roc de la Pêche. Nous montons à mi-hauteur de ce versant, pour découvrir un nombre impressionnant d’espèces de fleurs.

Par exemple : arnica, orchis, centaurée, trèfle, épilobe, euphorbe, lys martagon et lys de St-Bruno, raiponce, marguerite, aster, sainfoin, tofieldies, ail, joubarbe, campanule, pélargonium, œillet des alpes, saxifrage, ancolie, achillée, saponaire, orchis vanillée, épervière, crépides, silène, gypsophile, linaigrette, scabieuse, grande astrance, gentiane, digitale jaune….

 

Jour 8 – Petit Mont-Blanc

Le petit mont-blanc est un sommet bien connu de Pralognan. Il ne ressemble géologiquement à aucun autre de la région, à savoir que c’est un dôme blanchâtre de gypse, très friable. Son sommet est arrondi, et blanc, d’où son nom de petit mont-blanc. Il culmine à 2677 m.

La rando, au départ du hameau des Prioux à 1700 m d’altitude, débute en zigzag dans la forêt, en pente assez raide mais régulière. Après la limite de la forêt, le sentier continu dans le versant fleuri, jusqu’au col du Mône à 2533 m d’altitude.

 
Au col du Mône, très venté, le panorama se découvre vers une autre vallée, celle de Courchevel : des crêtes rocheuses qui s’adoucissent en grands alpages et pistes de ski, parsemé de quelques lacs, avec au milieu, le sommet de la Saulire.

Mais la montée n’est pas fini : les derniers 100 m de dénivelé attendent encore. Ce dernier tronçon, plus raide, se fait sur du terrain friable, mi-ardoise mi gypse, sans aucune végétation. Mais cela s’avérera plus facile que ça en a l’air.

 
Par ce très beau temps sans aucun nuage, nous avons une vue à 360° : vallée de Courchevel, vallée de Pralognan, vallée de Chavière, col de la Vanoise, Grande Casse, cirque du génépi, cirque des nants, glaciers de la Vanoise, col du Grand Marchet, Dents Parrachée, Col d’Aussois, dent du Villard…

Pour la descente, nous optons pour une variante moins raide et plus longue : nous prenons le sentier balcon qui traverse les pierriers et rejoint le chemin des Prioux à la hauteur du refuge du Roc de la Pêche.

Jour 9 – Refuge de Peclet Polset

Par un temps nuageux et instable, mais sans pluie de prévu, nous décidons d’aller au fond de la vallée de Chavière, c’est-à-dire rejoindre le refuge de Peclet Polset.

Nous démarrons la rando au parking du Pont de la Pêche, situé juste après le hameau des Prioux, et montons dans la vallée via le chemin pastoral. Nous passons le refuge du Roc de la Pêche, puis l’alpage de Ritort. Ensuite, la vallée se resserre un peu, devient un peu plus rocheuse, et la montée se fait plus raide. Le refuge de Peclet Polset, en dessous du glacier du même nom, ne se dévoile qu’au dernier moment, caché en surplomb derrière une falaise.

 
Nous continuons vers le Lac Blanc, 15 minutes derrière le refuge. Le lac blanc est au pied du col du Souffre, et est encore partiellement enneigé.

Nous redescendons par le même chemin (n’existant pas d’autre possibilité dans la vallée de Chavière).

Jour 10 – Pluie

Ce jour-là, nous restons dans l’appartement de location, puisque un orage tôt le matin s’est suivi d’une forte pluie qui dure quasiment toute la journée, avec quelques éclaircies l’après-midi.

Les nuages sont très bas.

Jour 11 – Mont Bochor

Avec le retour du beau temps, mais comme tous les sentiers sont détrempés, nous décidons de ne pas monter vers des sommets et des sentiers aériens pouvant être périlleux quand ils sont humides.

Nous montons donc seulement au sommet du Mont-Bochor par le sentier dans la forêt, puis effectuons le circuit découverte avec panneaux explicatifs sur l’histoire de la vallée, la faune et la flore.

 
Nous continuons et allons tout en haut du plateau du Bochor, avec une vue magnifique vers le refuge des Barmettes, le lac des vaches, le col de la Vanoise ainsi que la pointe et le glacier de la Grande Casse.

A nouveau, nous passons par le sentier balcon du Bochor, sentier que nous connaissons bien maintenant, pour rejoindre le refuge des Barmettes. Nous y goûtons la glace au Génépi, plus rafraichissante que la menthe !

 
Puis redescendons vers le hameau des Fontanettes en faisant un crochet par le cirque de l’Arcelin, puis rejoignons Pralognan par la forêt et le hameau des Bieux.

Jour 12 – Randonnée guidée « Aurore alpestre »

Aujourd’hui, nous sommes inscrits à une randonnée originale. J’espère qu’elle offrira l’opportunité de faire quelques belles photos. Réveil à 3h40 du matin (!) pour retrouver le bureau des guides en pleine nuit. Nous montons en voiture vers les Prioux, et démarrons la randonnée « Aurore Alpestre ».

Nous commençons par monter de nuit au hameau de Montaimont, puis bifurquons vers le glacier du Génépi. Le ciel commence à prendre sa teinte bleue, le jour se lève lentement. Il est 6h du matin. L’ambiance de montagne à l’aube est vraiment très calme. Le sentier vers le cirque du génépi devient plus raide. Nous apercevons nos premiers chamois sur les versants du cirque.

 
Maintenant hors sentier et en silence, nous nous concentrons sur notre effort (montée raide dans la pente), à la poursuite des chamois. Nous en apercevons une dizaine sur la crête, leurs silhouette se détachant du ciel.

Nous continuons, et passons la crête pour entrer dans le cirque d’Ariande. Là, nous avons un avantage précieux sur les chamois : nous sommes dans l’ombre, ils sont au soleil, et surtout, ils ont le soleil dans les yeux quand ils regardent dans notre direction. Nous approchons au maximum possible sans trop les déranger. C’est une petite harde de quelques dizaines de chamois qui s’éparpillent et partent lentement vers les rochers au pied des aiguilles et pics d’Ariande.

 
Après cette rencontre, nous redescendons vers les chalets de Ritort puis le hameau des Prioux. Il est midi, et nous avons plus de 800 m de dénivelé dans les jambes.

Jour 13 – Randonnée guidée « faune »

Le lendemain, nous avons aussi une randonnée guidée à la découverte de la faune, mais pour toute la journée.

Au départ du parking du Pont de la Pêche, nous montons vers les chalets de Ritort, puis prenons une montée raide pour le chalet de Rosoire. C’est le même chemin que la descente de la veille. Là, nous partons en hors-sentier, en suivant le guide, et buttons contre un torrent qu’il nous faudra traverser déchaussés. Et nous réalisons à cette occasion combien l’eau descendant des glaciers est froide ! D’après notre guide, elle est à quelques degrés (3-4°), pas plus : rien que les pieds, et rien que quelques mètres pour traverser (!) et nous sommes soulagés d’en ressortir.

Nous continuons hors-sentier à flanc de montagne, dans l’herbe et les rochers, jusqu’à rejoindre le lac de l’observatoire. Il est situé juste sous la pointe de l’Observatoire, avec à côté, la pointe de l’échelle.

 
Nous reprenons la randonnée hors sentier en quête de chamois, qui, avec la chaleur, trouvent refuge de plus en plus haut. Nous montons dans la pente, très raide, entre névé et rochers, et apercevons enfin des chamois. Cette fois-ci, ce sera une grande harde, que notre guide évalue à une centaine d’individus. Il y en a partout, éparpillés sur les rochers, sur les névés, couchés à l’ombre ou trottinant gentiment. Nous les suivons un moment, difficilement, puis décidons de redescendre, avec précaution. Nous sommes arrivé aussi loin dans la vallée que le refuge de Peclet Polset, mais sommes sur le côté opposé, de l’autre coté de la rivière. Nous devons être autour des 2600 m d’altitude.

 
Nous redescendons, toujours hors sentier et longeons ce versant jusqu’à rejoindre un chemin menant à l’alpage de Ritort. De là, le chemin sera encore long jusqu’au parking et Pralognan.

Jour 14 – Refuge de La Valette

Nous avons réservé la randonnée la plus technique et peut-être la plus vertigineuse pour la fin de notre séjour. C’est aussi une randonnée emblématique de Pralognan, car le refuge de la Valette offre un des plus beaux points de vue des Alpes et du parc national de la Vanoise.

A partir du hameau des Prioux, nous montons au cirque des Nants, puis au lieu de longer ce cirque pour aller vers le lac de Chalet-Clou, nous continuons de monter vers le refuge de la Valette. Cette montée, raide par moment et assez aérienne, offre de superbes points de vue sur la vallée de Chavière. Malgré le bon sentier, pas si étroit que ça, il ne faut pas avoir le vertige. Sur notre gauche, la pente descend régulièrement, sans aucun replat ni rebord, jusqu’au bas du cirque des Nants (à environ 600 m de dénivelé plus bas). Nous n’avons pas intérêt à trébucher.

 
Nous arrivons au refuge de la Valette : niché sur un beau replat, le refuge offre effectivement une des plus belles vues des environs de Pralognan, splendide : Grande Casse, petit Mont-Blanc, Bochor, tous les sommets de Pralognan sont là, avec en plus, au loin, le massif du Mont-Blanc.

 
Nous redescendons au cirque des Nants, puis décidons de continuer vers le lac de Chalet-Clou, puis le chalet de Plan des Bos, puis Montaimont, puis les Prioux : la totale. C’est un dernier jour « en beauté ».