Nouvelle-Zélande – tour de l’île du Sud

Par Sébastien Closs, voyage et photos février 2012, carnet de voyage mars 2012.

Manchot à oeil jaune

De retour d’un beau et splendide voyage en Nouvelle-Zélande, à la rencontre de la vie sauvage. Nous étant volontairement limités à l’île du Sud, nous en avons fait le tour complet: dauphins à Akaroa, manchots et albatros à la péninsule d’Otago, lac Tekapo, forêt et côte sauvage des Catlins, oiseaux, lac et montagne à Queenstown, fjord de Doubftful Sound, forêt luxuriante et glacier à Franz Josef, plages de sable à Abel Tasman, et baleines à Kaikoura. Une nature magnifique, pure et préservée, ainsi que des animaux rares et merveilleux.

Tour de l'île

Jours 1 et 2 – Voyage et escale à Singapour

Le voyage commence le 1er février à 6h40, de la gare de Bâle, en Suisse, pour rejoindre l’aéroport de Zurich. Là, après un dégivrage de l’avion, l’Airbus A380 de Singapore Airlines décolle sans encombre. Nous survolons notamment l’Italie, la Grèce, la Turquie, l’Iran, l’Afghanistan, le Pakistan, l’Inde, le golfe du Bengale, les îles Andaman, la Thaïlande, la Malaisie, pour atterrir en douceur à Singapour après 11h30 de vol. De nuit, nous admirons les très nombreux bateaux et gratte-ciels illuminés. Il est 6 h du matin (le 2 février).

Quelle surprise en découvrant l’aéroport de Singapour: immense, très propre, calme (même silencieux, avec une petite musique zen en fond), et des plantes partout. Il y a un jardin des fougères, un jardin des orchidées, une serre aux papillons, et des bassins de carpes Koï. Ambiance très reposante.

Mais nous avons beaucoup de temps jusqu’à notre prochain vol: nous nous inscrivons pour un tour gratuit de la ville en bus, gratuit, d’une durée de 2 heures. Après 30 minutes de bus sur une route bordée d’arbres, de fleurs et de palmiers, nous avons quelques minutes pour visiter un temple chinois. Il fait chaud et humide, il est vrai que Singapour se situe quasiment à l’équateur. Ensuite, nous roulons dans différents quartiers, pour finalement reprendre le chemin de l’aéroport. Un aperçu très bref de la ville.

A présent, le décalage horaire se fait sentir (+7h) : on commence à dormir debout.  Mais le soir arrive tant bien que mal, et on décolle pour Christchurch, cette fois en Boeing 777. Il est presque 20 h.

Jour 3 – Arrivée à Christchurch

9h30 plus tard, et 5h de décalage en plus par rapport à Singapour, on arrive enfin à Christchurch vers 10h30 le 3 février : des nuages bas, et un paysage de champs cultivés. On se dit : 19 000 km et 36 h de voyage pour voir la même chose que chez nous ? Heureusement, le reste du séjour nous réservera plein de merveilles.

Après le passage des douanes, la désinfection des chaussures de marche, bâtons et trépied (mesures de biosécurité), nous voilà enfin dehors. Appel au loueur de voiture NationWide, qui nous envoie sa navette pour nous chercher. Nous recevons une Nissan Tiida Latio, qui n’est pas commercialisée en Europe. Direction le motel.

En avant pour le baptême du feu de la conduite à gauche (clignotants et essuie-glaces inversés, priorité à droite dans les ronds-points avant de s’y engager). Fatigués, avec un GPS qui met une éternité pour s’adapter à l’hémisphère sud, nous arrivons enfin au motel.

Depuis le tremblement de terre de février 2011 (180 morts), le centre-ville de Christchurch est toujours interdit. Le terrain est instable et les bâtiments largement fissurés sont en cours de déconstruction, certains trottoirs sont même montés de 30 cm. L’attraction touristique phare, le quartier historique de la cathédrale, est pour ainsi dire, par terre.

Nous allons donc au jardin botanique et faisons un tour guidé en barque sur la rivière de l’Avon. Le reste de la ville est un peu de style américain – presque pas d’immeubles et des pavillons de plain-pied qui se ressemblent et qui s’étirent sur des kilomètres.

Jour 4 – Péninsule de Banks – Akaroa

Après une grosse nuit de sommeil, direction Akaroa. La péninsule de Banks est située à 1 h de route de Christchurch, et est d’origine volcanique. Nous traversons des collines aux herbes sèches, des vignes, des lacs qui forment presque un estuaire vers la mer, puis des collines vertes. Au milieu de la baie, le village d’Akaroa. C’est à cet endroit que les Français ont accosté et ont failli faire de la Nouvelle-Zélande une colonie française (avec le capitaine Langlois).

Nous avons notre première excursion : une croisière avec Black Cat Cruises, pour voir la vie sauvage. Le soleil se montre en même temps que le bateau sort de la baie pour trouver l’océan (plein Est). Bienvenue sur le Pacifique ! Le capitaine annonce : « à droite, vous allez vers l’Antarctique, tout droit, c’est la Patagonie ! (juste à quelques 8 000 kilomètres près).

Près de la côte, nous voyons de très nombreux cormorans, et des dauphins de Hector, espèce endémique et quasi éteinte ne vivant qu’autour de la Nouvelle-Zélande. Très menacés, il n’en resterait qu’une centaine. Ils sont petits, 1,20 m seulement, ils n’ont pas de bec, et sont gris et blancs. Puis, nous passons à côté d’otaries à fourrure qui se dorent au soleil sur les rochers.

Nous rentrons vers Christchurch pour notre deuxième sortie de la journée : la visite de la réserve de Willowbank (Willowbank Wildlife Reserve) : c’est un petit zoo très sauvage, de la végétation néo-zélandaise partout. Ça n’a rien du tout des « enclos bétonnés » de nos zoos. Nous avons une visite guidée pour les oiseaux : des perroquets, le kea, et le fameux kiwi, parmi beaucoup d’autres. Le kiwi est très difficile à voir : comme il est nocturne, son enclos est dans le noir complet, et les quelques kiwis éclairés par la lampe de poche se cachent dans les buissons. Il devient très rare dans la nature, et les Néo-Zélandais ont quelques centres qui les protègent, les élèvent et essaient de les réintroduire.

Jour 5 – Lac Tekapo et Mt John

Nous quittons Christchurch pour le lac Tekapo. Il n’y a pas d’autoroutes en Nouvelle-Zélande, mais les routes sont en bon état, relativement larges. Il n’y a en général pas beaucoup de circulation, mais c’est souvent vallonné ou carrément montagneux. Les kilomètres ne défilent donc pas très vite.

Les paysages de la Nouvelle-Zélande sont étonnamment variés : après un passage montagneux, nous arrivons dans une sorte de pampa argentine : un plateau désertique avec quelques herbes desséchées de ci de là. C’est le pays de McKenzie.

Ensuite, voilà le lac Tekapo : d’un beau bleu, entouré de montagnes, il est bordé de la ville du même nom, petite ville très sympathique, cossue et fleurie, très agréable.

L’après midi, nous nous réjouissons de monter au Mt John : le sommet le plus proche est à 1 h de marche et 300 m de dénivelé. Là-haut, un observatoire astronomique a été construit pour profiter du ciel extraordinairement pur de la région. A 1 000 m d’altitude, nous avons une vue imprenable : d’un côté le lac et la petite ville, au loin d’autres montagnes, et de l’autre côté, on se croirait carrément sur Mars. Il n’y a rien à 30 km à la ronde. Ca donne vraiment une impression de grand paysage sud-américain.

Les nuages s’invitent ensuite en soirée, nous pouvons donc oublier l’éventuelle excursion à l’observatoire pour observer les étoiles.

Notre chambre d’hôte (Marie Thérèse B&B) est bien située, un peu en retrait, avec une belle vue sur la ville et le lac.

Jour 6 – Du lac Tekapo à Dunedin

Direction Dunedin ! La route longe plusieurs grands lacs avec des points de vue fréquents et bien aménagés. Près du lac Pukaki, nous pouvons faire un crochet de 120 km pour aller au Mt Cook village, au pied du Mt Cook, le plus haut sommet de Nouvelle-Zélande. Mais le ciel est chargé de nuages pas très engageants. Nous décidons de continuer notre route.

Nous quittons les montagnes pour retourner vers la côte Est, à Oamaru. C’est un ancien port, avec entrepôts et bâtiments en pierre de style victorien.

Ensuite, nous longeons la côte et nous nous arrêtons à Moeraki, connu pour ses gros rochers ronds (les Boulders) qui tombent sur la plage avec l’érosion de la côte.

Puis nous arrivons à Dunedin, que nous traversons pour atteindre la plage de St Clair, où nous avons notre hôtel (St Clair beach resort). Non loin de là, un panneau indique : Santiago du Chili 9 200 km, New-York 14 000 km, Londres 18 000 km, Pôle Sud 4 800 km.

Jour 7 – Dunedin et péninsule d’Otago

Nous nous réveillons par un très beau temps, et retraversons la ville pour aller voir la rue de « Baldwin Street ». C’est la rue la plus pentue au monde : environ 35% de pente. D’en haut, une superbe vue sur la ville s’offre à nous. Ça me rappelle San Francisco.

Ensuite, nous retournons au centre ville. La gare ferroviaire est très imposante; de style victorien, tout en pierre, elle est typique de l’architecture des vieux bâtiments de Dunedin et Christchurch. Le centre ville est organisée en une grande avenue qui va de la gare jusqu’à la place de « l’octagon » (octogonale), avec rues commerçantes, marché, et églises.

Nous en profitons pour rendre une petite visite à l’agence qui nous a organisé cet auto tour : Antipodes Travel. Très sympathiques, ils ont organisé notre séjour à partir d’une proposition standard de voyage sur l’île du Sud, qui a été ensuite rallongé, adapté et personnalisé en fonction de nos centres d’intérêts (photo, nature, vie sauvage, découverte et quelques excursions guidées en très petit groupe).

Nous visitons aussi le jardin chinois, proche du centre ville. Il s’agit d’un petit jardin organisé autour d’un bassin, avec des mini temples, cours, et cascades.

Nous visitons rapidement le jardin botanique, très beau, qui comporte des parties mexicaine, méditerranéenne, néo-zélandaise (avec des plantes indigènes), une volière, une roseraie, etc…

Nous devons faire attention à l’heure, car nous avons rendez-vous à l’hôtel pour l’excursion de la fin d’après-midi : ELM Wildlife Tour. A 15h40, un van nous cherche pour nous emmener visiter la péninsule d’Otago : nous faisons du 4×4 sur des petites pistes le long de marais – où nous avons l’occasion de voir de nombreux d’oiseaux dont un héron – avant d’arriver à l’Albatross Center. C’est un centre de protection des albatros royaux : passage d’un film d’introduction, et en avant pour aller au poste d’observation en haut d’une colline sur la côte. Les albatros sont les plus grands oiseaux de mer du monde, jusqu’à 3,50 m, et ne viennent à terre que pour nicher. Ils passent 80% de leur vie sur l’eau, y compris pour dormir, entre la Nouvelle-Zélande, la Patagonie et l’Antarctique. Très menacés car ils pondent seulement 1 œuf tous les 1 ou 2 ans, ils sont largement protégés.

Ensuite, le guide nous emmène au bout d’une colline, pour une petite marche très ventée qui nous amène à la plage. En chemin, nous faisons notre première rencontre avec un petit « manchot à œil jaune », à seulement 1 m devant nous ! Le manchot à œil jaune est présent uniquement en Nouvelle-Zélande. Il rentre de mer le soir pour rejoindre son terrier qu’il a creusé entre les hautes herbes derrière la plage. Nous passons un moment à observer les manchots qui sortent de l’eau. C’est fantastique de voir un tel animal d’aussi près, et sauvage en plus !

Sur la plage, nous croisons un lion de mer, très imposant, et nous faisons un détour car il peut charger et courir vite malgré les apparences, et mordre fort.

Ensuite, nous reprenons le van pour rejoindre une autre colline – encore plus ventée – d’où nous voyons une colonie d’otaries s’ébattre dans l’eau entre la mer démontée et les rochers. Le tout sous le coucher de soleil – il est déjà 20h45.

Nous rentrons à l’hôtel fatigués, mais avec des émotions et des images plein la tête !

Jour 8 – Région des Catlins

Le lendemain, nous avons quitté Dunedin pour aller dans une région isolée, même pour les Néo-Zélandais : le parc national des Catlins. C’est l’endroit le plus au sud de notre séjour, juste avant de rejoindre l’ouest de l’île. Beaucoup de terres agricoles, et peu de forêt. Il faut savoir qu’au départ, 85% de la Nouvelle-Zélande était boisée, contre seulement 21 % à présent. Mais la première forêt qu’on croise  nous impressionne : c’est une forêt primaire avec des arbres comme on n’en a jamais vus, style forêt Jurassic Park, vieille de millions d’années. Avec les chants d’oiseaux assez étranges, ça fait presque tropical…

Nous rejoignons notre motel à Pounawea, petit village de 20 maisons au bord de l’océan avec un  marécage et une forêt pleins d’oiseaux. L’après-midi, nous embarquons dans le 4×4 de Catlins Adventures pour une tournée de la région.

Première étape, le phare de Nugget Point. Une pointe rocheuse accessible d’abord par une route de terre puis par un sentier aménagé. Belles vues et notre guide nous emmène hors du sentier pour aller à la rencontre d’une otarie à fourrure qui fait la sieste sur la plage de galets.

Etapes suivantes : la cascade de Purakaunui, cachée au milieu de la forêt, puis on enchaîne un peu plus loin avec la cascade de McLean, plus spectaculaire.

Nous restons admiratifs de cette forêt, non pas tropicale mais luxuriante, humide tempérée. Des arbres étranges, des mousses qui pendent des branches, et des fougères arborescentes (le symbole de la Nouvelle-Zélande et des All Blacks) de plusieurs mètres de haut  peuplent cette forêt.

Au retour, nous décidons de prolonger notre après-midi par une petite balade dans la forêt le long du bord de mer de Pounawea. Ici, c’est beaucoup plus facile que chez nous pour observer les oiseaux, ils sont moins craintifs. Bilan : un héron, un martin pêcheur de Nouvelle-Zélande, un Tui, un Bellbird, un Stitchbird. Pas moins de cinq espèces en quelques minutes…

Jour 9 – Des Catlins à Te Anau

Nous nous dirigeons maintenant vers la côte Ouest, pour nous arrêter à Te Anau, une petite ville située au bord d’un lac. C’est l’un des seuls jours où nous avons eu de la pluie, mais c’était essentiellement pendant le trajet. On a traversé des plaines, puis des collines aux herbes rouges (des graminées « red tussock »).

Arrivés au lac, nous avons un peu marché vers la volière. En chemin, outre quelques points de vue intéressants, nous avons découvert de nouvelles espèces d’oiseaux sauvages (dont le petit Silvereye à l’œil entouré de blanc).

Jour 10 – Fjord de Doubtful Sound

Excursion à la journée pour voir un fjord : le Doubtful Sound, dans le parc national du Fiordland. C’est le plus grand, mais il se mérite : 20 km de voiture pour rejoindre le lac de Manapouri, 1 h de traversée du lac, puis 1 h de bus pour passer le col de Wilmot.

Et quel paysage ! La route pour le col est sinueuse et n’est pas macadamisée, et c’est une région pluvieuse (on a eu la chance de bénéficier d’un des très rares jours de beau temps par an). C’est totalement inhabité et c’est digne de Jurassic Park. D’énormes forêts avec des arbres style jungle, et une fois au col, on a une vue imprenable sur le fjord, c’est à couper le souffle !

Il faut plus de 2 heures de trajet pour rejoindre le bateau qui nous emmène dans le fjord du Doubtful Sound. C’est très beau, nous avons descendu tout le fjord jusqu’à la mer de Tasman, face à l’Australie, et vu à nouveau des otaries à fourrure sur les rochers.

Au retour, le bateau a coupé les moteurs : au loin, près du rivage du fjord, il y avait des dauphins qui sautaient et faisaient des acrobaties. On n’entendait que leur bruit et c’était fantastique de les voir sauter.

En repassant au col de Wilmot, nous visitons une centrale hydro-électrique souterraine (conduite forcée entre le lac et le fjord). On ne voit que le grand hall avec le haut des turbines, ça n’a rien de spectaculaire, et ça « casse » juste l’ambiance « nature » de la journée. (Excursion et croisière par Real Journey).

Jour 11 – Queenstown et randonnée

Nous quittons Te Anau pour Queenstown, la destination de vacances numéro 1 des Néo-Zélandais. Queenstown est très touristique et est aussi la capitale des sports extrêmes.

La ville se trouve au bord d’un lac qui mesure 80 km de long, le lac Wakatipu. La route pour venir à Queenstown est superbe: plaine en fleurs, collines, village au début du lac…

L’après-midi, nous avons une randonnée guidée avec Nature Guided Walk. C’est une randonnée le long du lac,intitulée « lakeshore, forest and bird ». Une des meilleures excursions : notre guide, Errol, plein d’humour, est incollable sur les arbres, les oiseaux, et connait bien sûr la légende maorie du lac. Il nous a emmenés en van depuis l’hôtel jusqu’au début du chemin, à une dizaine de km de Queenstown. C’est un chemin que peu de gens connaissent. Dans le temps, c’était la route normale pour aller en ville à cheval. Notre guide imite même le chant des oiseaux pour les attirer. C’est vrai qu’on lui avait dit qu’on aimait la photo et les oiseaux, alors il se donne de la peine pour qu’on puisse prendre de belles photos. Il nous fait prendre quelques passages hors du sentier pour avoir une belle photo d’un gros pigeon de Nouvelle-Zélande (rien à voir avec nos pigeons ordinaires).

En milieu d’après-midi, nous faisons une pause sur une petite plage de galets, et le temps est magnifique. Notre guide a tout prévu : il nous propose thé, café et barres de céréales. Il nous laisse continuer un peu seuls, car il doit prendre un vélo pour rechercher le van au lieu de départ. Puis il nous récupère et ramène à notre hôtel. Ce guide est super et on espère l’avoir à nouveau le lendemain pour la randonnée à la journée. Thank you Errol!

Jour 12 – Randonnée du Routeburn Track

Aujourd’hui randonnée à la journée sur le sentier du « Famous routeburn track ». Agréable surprise : on avait de nouveau Errol, notre guide de la veille. Ce trek du Routeburn est très connu, il traverse les montagnes sauvages de la région, est équipé d’hébergements, et dure 3 à 4 jours. On n’en a fait qu’une portion en aller-retour à la journée.

Notre guide explique faire parfois la traversée du Fiordland en autonomie complète, sans oublier le téléphone satellite, unique moyen de secours si besoin.

Le matin, dans la forêt (toujours style Jurassic park), et grâce aux sifflements d’Errol, nous observons de très nombreux oiseaux, dont le Robin. Ressemblant à notre rouge-gorge (mais en jaune et plus grand), il n’a pas peur et suit les randonneurs. Sur leur passage, le chemin fraîchement retourné lui donne accès à des insectes et autres vers.

Avec Errol, on « fait corps » avec la forêt : passage de ponts suspendus, marche dans un lit de rivière, passages hors sentier dans les fougères qui nous arrivent sous les bras, passage au-dessus de troncs, puis pique-nique dans les hautes herbes d’une grande clairière dans la vallée de Routeburn Flats, avec vue sur les glaciers des hauts sommets.

Nous sommes  vraiment ravis de nos randonnées, cela reste un des meilleurs souvenirs de ces vacances, et une excursion incontournable de la Nouvelle-Zélande.

Jour 13 – De Queenstown à Wanaka

Départ de Queenstown pour Wanaka. Nous nous arrêtons d’abord à Arrowtown, petite ville (ou village) de chercheurs d’or. Elle est constituée d’une rue principale, avec des baraques en bois et trottoirs couverts. Bienvenue dans le Far West. A côté, il y a des ruines d’abris des premiers chercheurs d’or chinois, qui étaient venus dans la région.

Ensuite nous continuons en prenant la route de Cardrona, qui passe dans les montagnes au-dessus de Queenstown, traverse un col puis un plateau pour arriver vers Wanaka.

Wanaka est la « petite sœur » huppée de Queenstown, en beaucoup plus tranquille. Nous faisons un petit tour le long du lac, pour revenir sur les plages de galets abrités par quelques arbres.

Jour 14 – De Wanaka à Franz Josef Glacier

Un des plus grands trajets du séjour : une journée entière de route. Nous avons quitté Wanaka en longeant un autre lac, puis nous sommes arrivés dans la fameuse forêt vierge locale, la « Wet Rainforest ». Avec quelques arrêts et points de vue sur des petits lacs, des vallées vertes et encaissées, quelques cascades dans la forêt, nous passons le col de Haast pour rejoindre la côte Ouest.

A partir de ce col, le temps devient de plus en plus pluvieux à mesure que l’on s’approche de Franz Josef Glacier.  Des mini torrents boueux se forment sur les côtés de cette route sinueuse, et quelques rochers tombent sur les bas-côtés. Nous sommes arrivés à Franz Josef sous le déluge.

Franz Josef Glacier est un village qui est proche du glacier Franz Josef, avec beaucoup de sociétés  proposant de vous emmener y faire un tour en hélicoptère.

Notre hébergement (Rainforest retreat) est très original : spacieux, avec une superbe terrasse entourée de fougères arborescentes de plusieurs mètres de haut. On se croit réellement au milieu de cette forêt vierge de la « Rainforest ».

Jour 15 – De Franz Josef à Westport

Le lendemain, nous n’en croyons pas nos yeux : dans cette région où il pleut beaucoup et souvent (d’où les forêts si grandes, si vertes, si étranges), nous nous levons avec du beau temps ! Le bruit des hélicoptères qui tournent depuis 7 h le matin nous confirment que la météo est bonne.

Avant de reprendre la route pour notre prochaine destination, nous faisons un détour pour voir le glacier de Franz Josef. Le glacier en soi n’est pas très impressionnant, mais on peut s’en approcher de très près après une marche d’1h30 pour le rejoindre (3 h aller-retour). Pressés par le temps et la route qui nous attend, nous nous contentons du « point de vue touristique ».

Le premier arrêt sur notre route est Hokitika. La ville est connue pour son jade, et en effet il y a une boutique dans chaque rue. Dans chaque boutique, on peut entrer dans l’atelier attenant pour voir le travail de coupe et de taille du jade. Nous sommes un peu gênés de déranger les artisans, mais les Néo-Zélandais sont très accueillants, souriants, très aimables et serviables.

En partant de Hokitika, nous quittons la grande route pour faire une demi-heure de petite route dans la campagne, pour rejoindre les magnifiques gorges d’Hokitika. Après une petite balade de 10 min dans la forêt, on arrive sur un pont suspendu qui traverse une magnifique rivière bleu-vert. On peut la longer ensuite sur les rochers.

Une heure et demie de route plus loin, nous voilà à Punakaiki. Il y a ici les falaises stratifiées comme des crêpes empilées : c’est les « Pancakes Rocks ». Une jolie petite promenade est aménagée dans les hautes herbes, pour ensuite faire un petit tour le long de la côte.

Nous arrivons à Westport, la plus grande ville de la côte Ouest. Mais elle n’est pas très agréable : une longue rue principale avec quelques boutiques, et des pavillons résidentiels. Notre chambre d’hôte (Archer lodge) est pittoresque : c’est une grande maison victorienne avec de très hauts plafonds, une vieille déco, une chambre immense. Nos hôtes sont très sympas : un couple de sexagénaires très intéressé par les voyages et les autres pays.

Jour 16 – De Westport à Abel Tasman

Nous rejoignons le point le plus au nord de notre séjour. Et en Nouvelle-Zélande, quand on va au nord, c’est comme quand on va dans le Sud : il fait meilleur et plus chaud. Nous traversons des forêts bien moins spectaculaires, mais en arrivant vers notre destination, Kaiteriteri, nous entrons dans le parc national d’Abel Tasman, aux belles criques et aux plages de sable.

Notre hébergement (Split Apple Rock B&B) n’est pas à Kaiteriteri même, mais à « Split Apple Rock », une colline avec quelques belles villas perchées. Mais cette colline se mérite : il faut « escalader » une belle petite route étroite et très vallonnée.

De là-haut, notre hôte (très gentille) nous explique la vue splendide que l’on a sur toute la côte, la mer et les plages.

Jour 17 – Croisière et randonnée à Abel Tasman

Nous partons de Kaiteriteri pour notre croisière en catamaran. Sur une mer d’huile et avec peu de vent, nous sommes une petite dizaine de personnes sur le catamaran de « Abel Tasman Sailing Adventure ». La matinée s’écoule tranquillement le long de la côte, de Kaiteriteri jusqu’à la plage d’Anchorage. Nous passons à côté d’un grand nombre de cormorans occupés à pêcher : le skipper annonce qu’il doit y avoir un grand banc de poissons. Il lance une ligne de pêche et en à peine 5 min, il sort un poisson de 40 cm !!!

Ensuite, on s’approche d’une petite île couverte de forêt : nous entendons plein de chants d’oiseaux. C’est « birdsong island », une île où l’homme a réussi à éradiquer tous les prédateurs qu’il a lui-même introduit il y a des siècles. Depuis, les animaux et oiseaux natifs de Nouvelle-Zélande ne s’y sont jamais aussi bien portés. Une goutte d’eau dans la mer, mais un bon début ! Partout dans le pays, il y a des pièges et du poison pour tenter d’éliminer ces prédateurs (rats, fouine, hermine, souris, et autres mammifères). Avant l’arrivée de l’Homme, la Nouvelle-Zélande n’était peuplée que d’oiseaux qui ont évolué séparément, en l’absence de prédateurs : par exemple le petit kiwi qui ne vole pas. De fait, cette faune néo-zélandaise ne peut pas se défendre face aux prédateurs introduits par l’Homme.

L’après-midi, nous revenons à Marahau, vers Kaiteriteri, en randonnée. Le paysage nous surprend : sol désertique avec des petits arbustes et quelques rares arbres, ça ressemble assez à du maquis. Puis de nouveau un bout de forêt, et de petites criques avec leurs plages, et cette mer turquoise… C’est un paysage qui pourrait presque être méditerranéen.

Après 12 km, à Marahau, une surprise nous attend. A 17 h, Il n’y a pas de kiosque de la société Sailing Adventure, pas de point de rencontre et pas de van qui nous attend. Nous voyons 2 vans de Sailing Adventure qui passent dans l’autre sens. Comme c’est une voie sans issue, nous pensons qu’ils vont revenir en direction de Kaiteriteri. En attendant, un bus de ligne régulière passe, que nous ne prenons pas. Le temps passant, nous nous renseignons au petit restaurant : c’était le dernier bus, et Kaiteriteri est à 9km. Dans le doute, on essaie le stop, qui fonctionne très vite ! Une gentille dame nous indique qu’elle habite à Split Apple rock, et qu’elle connait notre hôte ! Elle nous y déposera quelques minutes plus tard ! Merci beaucoup !

Soulagés, nous arrivons à notre chambre d’hôte et expliquons notre aventure. Notre hôte, Thelma, se propose de nous emmener à Kaiteriteri pour y dîner et rechercher la voiture que nous y avions laissée le matin. En rentrant à Split Apple Rock, Thelma a téléphoné à Sailing Adventure, qui s’excuse, et qui explique que le retour était bien réservé pour nous mais sur le bus de la ligne régulière. Sailing Adventure va veiller à informer le personnel le lendemain pour que ce genre de chose n’arrive plus. C’est une incompréhension des deux côtés : ça nous semblait clair, et Sailing Adventure pensait qu’on avait bien compris. Avec un peu de recul, ça nous a permis de constater que le stop fonctionne bien en Nouvelle-Zélande, et surtout, que les gens sont très serviables et gentils.

Jour 18 – De Abel Tasman à Kaikoura

Un des plus longs et des plus beaux jours !!

Réveil à 5h45 pour un départ à 6h30 ! Il faut le faire pour un jour d’anniversaire ! Mais c’est pour la bonne cause. Nous avons une longue route à faire : sortir du parc national d’Abel Tasman, longer la région des Marlborough, retrouver la côte Est et descendre vers Kaikoura ! Nous arrivons un peu avant midi, pour manger et venir tranquillement sur la plage de Kaikoura.

A 13h15, briefing pour la croisière du Whale Watch ! Nous regardons un documentaire sur les baleines, puis des instructions de sécurité pour le bateau. Ensuite, on a un transfert de 10 min en bus pour rejoindre l’embarcadère de Kaikoura, de l’autre côté de la péninsule. Nous retrouvons l’océan Pacifique, le grand large et les animaux. Une première baleine est localisée (en réalité, un grand cachalot). Il fait surface de longues minutes pour respirer, avant de replonger en levant la queue, pour le bonheur des photographes amateurs que nous sommes. Nous revoyons ensuite des albatros royaux. Puis un deuxième cachalot. Le Kaikoura Whale Watch est équipé d’hydrophones pour écouter les sons de l’océan et localiser les baleines qui vont remonter à la surface.

Les cachalots sont impressionnants : jusqu’à 57 tonnes et 20 mètres de long, ils peuvent plonger jusqu’a 40 min et descendre à 1 000 m de profondeur.

Ensuite, nous avons la chance de voir une espèce de dauphins assez rare: les dauphins obscurs (dusky dolphins). Ils sautent près du bateau, et un peu plus loin, l’un d’eux fait des sauts encore plus impressionnants. On est au milieu d’un banc qui joue et qui change constamment de côté sous le bateau. On ne sait jamais où ils vont réapparaître… c’est une rencontre magique.

Nous revoyons ensuite des otaries à fourrure qui se prélassent sur les rochers avec leurs petits, également de nombreux oiseaux dont des albatros, avant de rentrer au port en longeant les plages de galets, aux eaux turquoises…

Jour 19 – De Kaikoura à Christchurch

Sous un ciel gris menaçant et un crachin, nous tentons d’aller au bout de Kaikoura pour voir la colonie d’otaries à fourrure. A peine arrivés, il commence à bien pleuvoir. Quelques photos, et on s’en va. Nous partons tout droit vers Christchurch.

Là, sous un temps gris, frais et instable, nous passons quelques heures dans le musée de l’aviation de la Royal Air Force (gratuit). Nous sommes accueillis par un vétéran qui est ravi de nous raconter des anecdotes sur l’avion qui a traversé la Manche pour la 1ère fois, avant de nous laisser visiter le reste du musée, passionnant.

Puis nous avons rejoint le premier motel de notre séjour. La boucle est bouclée.

Jours 20 et 21 – Retour

Après 18 jours sur place, 2 600 km parcourus, des paysages pleins les yeux, des rencontres avec la vie sauvage magnifiques, et des rencontres humaines passionnantes, c’est avec regret que nous rendons la voiture de location et retournons à l’aéroport.

Et c’est parti pour le trajet retour : longtemps il y a la mer de Tasman, puis très longtemps du désert (sud de l’Australie puis remontée vers l’ouest du pays), puis enfin la mer et quelques îles (sans doute l’Indonésie) et après de longues heures (un peu plus de 10 heures en fait), nous arrivons  à Singapour. Il est alors 17h35 là-bas, mais pour nous, déjà 22h35 !

7h d’attente, un repas et un peu de shopping plus tard, nous embarquons pour l’Europe. A 1h25, notre A380 quitte Singapour pour Zurich. Pour nous, il est déjà 6h25, soit une journée de presque 24 heures d’affilée ! … Inde, Pakistan, Afghanistan, Turkménistan, Russie, Ukraine, le soleil se lève, il nous rattrape en allant vers l’ouest… Slovaquie, Autriche, les Alpes (magnifiques, avec le lever du soleil)… puis au bout de plus de 13 heures de vol, nous atterrissons à Zurich à 7h40. Quand nous rentrons chez nous, cela fait plus de 36 heures que nous sommes partis de l’hôtel de Christchurch !