Bien choisir un appareil photo numérique (suite)

Déchiffrons ensemble les caractéristiques utiles des appareils photos numériques adaptés à votre utilisation.

  1. 6 - Vitesse d’obturation (1/2000 – 1/5)
  2. 7 - Sensibilité (ISO – 50 à 3200 ou plus)
  3. 8 - Stabilisateur (optique ou capteur)
  4. 9 - Format d’enregistrement (jpg, raw, tiff)
  5. 10 - Cartes mémoires
  6. 11 - Photos en rafale (séquence)
  7. 12 - Vidéo
  8. 13 - Taille de l’écran
  9. 14 - Batterie (standard ou format spécial)
  10. 15 - Facilité d’utilisation
  11. 16 - En résumé, que faut-il pour une bonne photo ?

6 - Vitesse d’obturation (1/2000 – 1/5)

La vitesse d’obturation est le temps d’ouverture pendant lequel l’appareil photo laisse passer la lumière vers le capteur. (Le clic-clac que l’on entend sur les appareils argentiques).

Cette vitesse est fonction de plusieurs choses : la quantité de lumière ambiante, l’ouverture choisie, et la sensibilité du capteur.

Par exemple, si l’ouverture choisie n’est pas grande, peu de lumière entrera dans l’appareil, Pour faire une bonne photo, l’appareil photo va rallonger le temps d’exposition et laisser passer plus longtemps la lumière, pour en avoir suffisamment.
Quand il fait sombre, l’appareil va rester ouvert pendant 1/10 ou ¼ de secondes, ou même  plusieurs secondes quand il fait nuit.

Photo avec une pose de plusieurs secondes
Figure 4 : Photo de nuit avec une pose de plusieurs secondes.. L'appareil photo était sur un muret.

Cela peut poser problème : si les conditions nécessitent un temps de pose long, il ne faut absolument pas que l’appareil photo ne bouge. Le poser sur une rambarde ou carrément sur un pied.  On considère qu’une vitesse plus lente qu’1/60ème de seconde provoque un risque de bougé, et donc d’image floue.

C’est ici qu’interviennent les stabilisateurs, sur les appareils photos numériques de dernière génération.

7 - Sensibilité (ISO – 50 à 3200 ou plus)

La sensibilité permet d’adapter le circuit électronique et le capteur aux conditions de lumière ambiante.

Si le capteur est très sensible à la lumière (ISO > 800), il lui suffira de peu de lumière pour produire une bonne photo.

Par exemple, S’il fait grand beau temps et grand soleil, en extérieur, l’appareil photo n’a pas besoin d’être sensible à la lumière ; ISO 50, 100 ou 200 suffiront.
Si vous êtes en intérieur, le soir ou de nuit, qu’il fait sombre, là, il faudra rendre le capteur le plus sensible à la lumière, pour éviter d’allonger trop le temps de pose, et de la sorte, éviter le flou et le bougé.  ISO 400, 800 ou plus.

ATTENTION : Pourquoi ne pas mettre la sensibilité maximale ? Car l’électronique actuelle amplifie de façon artificielle l’image produite par le capteur.
Et plus c’est amplifié (donc haute sensibilité), et plus les éventuels signaux parasites seront eux aussi amplifiés. Les défauts deviendront alors beaucoup plus visibles. C’est ce qu’on appelle le « bruit numérique ».

Bonne photo sans bruit parasite Agrandissement d'une photo bruitée
Figure 5 : Bonne photo, et agrandissement d'une photo très bruitée.

Vous pouvez le voir dans les zones de couleurs sombres sur vos photos. Le noir n’est pas uniformément noir, mais est un assemblage de points vert, rouge, bleu, ou gris.. Cela nuit à la qualité de la photo.
La solution est de baisser la sensibilité, et donc d’allonger le temps de pose, et peut-être de vous forcer à poser l’appareil photo sur un pied.. Ou d’allumer le flash. (le flash ne portant qu’a quelques mètres, ce n’est pas possible pour les photos de paysage ou d’extérieur..).

Pour quel usage ? Si vous faites souvent des photos de nuit ou d’intérieur, choisissez un appareil photo pouvant monter haut dans les sensibilités (800 ISO et plus), en veillant à ce qu’il y ait un système de réduction de bruit numérique.

8 - Stabilisateur (optique ou capteur)

Lorsque vous êtes obligé de faire une pose longue et d’avoir une vitesse d’obturation faible, il y a un risque de bougé. En effet, lorsque l’appareil reçoit la lumière sur son capteur, il ne faut absolument pas trembler. On considère qu’en-dessous d’1/60ème de secondes, il y a un risque de photo floue.
C’est là qu’intervient le stabilisateur. Il va analyser et compenser les mouvements de l’appareil photo, pour obtenir une image nette.

2 systèmes de stabilisation existent :
- le stabilisateur optique, qui analyse jusqu’à 4000 fois par secondes les mouvements de l’appareil photo, et, fait bouger une lentille de verre dans l’objectif pour compenser ces mouvements. La lumière reçue par le capteur électronique est toujours parfaite.
- ou le stabilisateur capteur, qui fait bouger le capteur électronique pour suivre la déviation de la lumière dû aux mouvements que fait l’appareil. Le stabilisateur capteur est répandu sur les appareils photos Reflex, sur lesquels on peut changer l’objectif (l’optique).

Pour quel usage : strictement pour toutes les situations. C’est vraiment un plus. Si l’on ne tremble pas trop, on arrive même à faire des photos de nuit à main levée.. Le stabilisateur s’occupe du reste. Plus aucune excuse pour rater ses photos.
ATTENTION : le stabilisateur n’arrive à stabiliser que dans une certaine mesure raisonnable. Il ne stabilise que les mouvements de l’appareil photo, pas du sujet photographié.

9 - Format d’enregistrement (jpg, raw, tiff)

Vous avez le choix du format d’enregistrement de vos photos en fichier informatique.

Le Jpeg est très répandu et est devenu le standard. Il permet d’obtenir des photos de qualité tout en les compressant pour réduire leur place nécessaire sur la carte mémoire.
ATTENTION
 : le jpeg compressant l’image, il perds donc des informations, et diminue la qualité de l’image. Un jpeg trop compressé est visible et dégradé. Il vaut mieux diminuer la résolution de l’appareil photo (mégapixel) plutôt que de changer le réglage de compression Jpeg.
Les fichiers font en général quelques Mo. (2 – 5 Mo).

Photo correctement compressée en Jpeg Mauvaise compression Jpeg
Figure 7 : A droite, compression Jpeg trop forte. La dégration de qualité est bien visible.

Le RAW est un format propre à chaque constructeur. Il nécessite en général le logiciel spécialisé fourni par le fabriquant.  C’est la photo en qualité brute, c’est-à-dire la qualité originale telle que « fabriquée » par le capteur de l’appareil. Aucun traitement n’a été fait, y compris les réglages que vous aurez effectués dans le menu de l’appareil photo.
Tout se fait après, dans un logiciel spécialisé, sur l’ordinateur.
ATTENTION : comme les fichiers sont bruts et sans traitement, ils ne sont pas non plus compressés. Ils occupent donc énormément de place sur la carte mémoire.
Les fichiers font en général quelques dizaines de Mo. (25 – 35 Mo).

Le TIFF est un compromis idéal lorsque c’est possible. Les photos ne sont pas en qualité brute, c'est-à-dire qu’il y a déjà eu un traitement  dans l’appareil photo (les réglages que vous avez fait dans le menu de l’appareil), mais évite la compression JPEG. Le tiff compresse aussi, mais beaucoup moins et d’une autre manière. La dégradation de qualité, très faible, est généralement invisible.
Les fichiers font en général 5 à 12 Mo.

10 - Cartes mémoires

De nombreux types de cartes mémoire existent. De la XD card à la SD card en passant par la Multimedia Card, ou Compact Flash. Chaque fabriquant ou consortium à tenté d’imposer le sien.
Aujourd’hui, 2 semblent sortir du lot. Les SD, utilisées aussi dans les téléphones sous forme de MiniSD, et les Compact Flash, qui restent le standard des pros.

Cartes mémoires SD et CompactFlash
Figure 8 : Cartes mémoires CompactFlash (à gauche) et SD (à droite), en vitesse 8x ou 133x.

Vitesses ? : Il existe différentes vitesses, comme les lecteurs cd ou graveurs. 60x, 80x, 133x, 150x..  Pur marketing ? Non. Si vous prenez plusieurs photos rapidement, ou une à la suite de l’autre (rafale), lors de photos d’évènements sportifs, ou que vous prenez des vidéos, une carte rapide accélère le temps d’enregistrement des photos sur la carte, et donc aussi, le délai minimum entre 2 photos.

SDHC : Une nouvelle norme est sorti pour les cartes SD : le SDHC (SD Haute capacité). Ces cartes commencent à 4 go et vont jusqu'à 8 Go actuellement.
Les vitesses ne sont plus en vitesses de type 60x, mais sont séparées en 3 classes : classe 2, classe 4, et classe 6, qui garantissent une vitesse minimale réelle et non une vitesse nominale théorique.

ATTENTION : les constructeurs sont toujours aussi avares avec les cartes mémoires fournies d’origine. Ils restent à 16 ou 32 Mo, soit à peine quelques photos. Prévoir obligatoirement l’achat d’une ou plusieurs cartes en supplément.

Quel usage ? Les cartes vont de 16 Mo à plus de 8 Go (8000 Mo)…. Et les prix sont en chute libre. Alors, quand vous partez en voyage, ne vous privez pas. Et prenez de la réserve !!!